mardi 2 juin 2015

Rain and sunshine make rainbows.

J'ai pleuré de joie quatre fois dans ma vie.C'est très étrange comme situation. Parce que le bonheur intérieur transparaît en tristesse à l'extérieur. L'opposé de la bienséance. Pas que montrer ses émotions soit de la bienséance, mais montrer des émotions positives, c'est mieux.La première fois, c'était le dernier jour de mes quatorze ans. Des amies d'une autre ville étaient venues me voir à Bruxelles, on a passé l'après-midi chez une copine et mes parents sont venus me chercher SUPER TÔT. J'ai passé le trajet à pleurer de rage (encore une émotion intéressante), à pester contre ma mère, qui, scandale! riait nerveusement. Je suis rentrée à la maison et je me suis très probablement étalée dans mon lit pour pester jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller faire une petite soirée pyjama à deux chez ma meilleure amie pas trop loin de chez moi. Arrivée devant sa porte d'entrée, je sonne et sa mère m'ouvre la porte et sourit face à mon expression renfrognée. Ma meilleure amie descend, surexcitée: "viens je vais te montrer ce que j'ai appris au cours de batterie le week end dernier!" (à l'époque j'allais la chercher après chacun de ses cours de batterie puis on allait traîner au skate park). Toujours en pestant, je l'accompagne dans les escaliers qui mènent à sa cave. Elle allume la lumière, et là "SURPRISE!!!!!". C'était pour ça que mes parents étaient venus me chercher. Je m'effondre quasiment au sol sur le coup et je commence à hoqueter. Ca a retourné mon estomac tout en forçant sur mes zygomatiques. La seconde fois, c'était un peu plus d'un an plus tard. Après le repas du soir, je feuilletais un magazine à table. Mon père me demande de ranger le magazine qui comprenait une photo de prince sur laquelle je m'étais exclamée un peu plus tôt "MAIS IL EST SUPER VIEUX!", ce à quoi mon père a répondu, l'air inquiet "Et moi tu me trouves trop vieux?". J’ai rangé le magazine en me demandant ce qu’ils me voulaient. Ils se sont balancé la parole comme une balle dans un match assidu « Bon je lui dis ? Tu lui dis ? Non bon toi dis lui ». Mon père m’a alors dit, d’une voix tellement triviale comme s’il me demandait de lui passer le sel « tu veux voir une photo de ton petit frère/ta petite sœur ? ». J’ai pas tout de suite compris. Je me suis dit qu’ils allaient adopter. Puis il m’a tendu la photo de l’échographie et j’ai pleuré. Mais vraiment pleuré. Mon père et ma belle-mère étaient tellement confus, ils pensaient que j’étais fâchée. Mais en fait j’avais enfin ce que mini moi avait toujours secrètement voulu.La troisième fois c’était la nuit du 25 au 26 octobre 2012 et Sam m’a dit qu’il était amoureux de moi. J’ai pleuré parce que c’était la première fois que mon amour était réciproque, et que j’avais un peu peur de tout ce que cela comportait.

Et la dernière fois, c’était samedi, chez mon père, en train de regarder ma sœur chanter du nick cave devant l’ordinateur, échangeant des regards avec mon père. J’ai commencé à rire et mon rire a piqué mes yeux, qui se sont mis à pleurer. C’étaient quelques minutes de bonheur dans sa forme brute.

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T'as vu peut-être que tu es un hérisson, mais un hérisson qui sait écrire, et ça c'est cool.